28/01/2016 Actualités

La voix de l’océan entendue !

Il était le grand absent des négociations préalables à la Cop 21 : mais une mobilisation scientifique et citoyenne sans précédent a changé la donne, et permis une avancée symbolique qu’il faut maintenant transformer en mesures concrètes.

« Notant quil importe de veiller à lintégrité de tous les écosystèmes, y compris les océans » Ces quelques mots extraits du préambule de lAccord de Paris, sils peuvent sembler anodins, signent en réalité une nouvelle prise en compte de limportance des océans. « Et cela implique à la fois, précise Françoise Gaill, coordinatrice du Comité scientifique de la Plateforme Océan et Climat, la prise en compte du rôle de locéan dans la machinerie climatique et la préservation de la biodiversité marine. »

 

Une mobilisation scientifique et citoyenne

Alors que rien, n’était prévu en amont des négociations climatiques, la mobilisation de la société civile et de la communauté scientifique a finalement pesé. Portée par la Plateforme Océan et Climat, qui réunit depuis 2014 une centaine dexperts autour de lintégration des océans dans les négociations, soutenus par la Commission océanographique de lUNESCO, la voix de locéan a bien été entendue.

Les chercheurs ont su fédérer autour deux nombre dacteurs de la société civile, et cest aussi sans doute ce qui a fait pencher la balance : lAppel de lOcéan pour le Climat, lancé en amont de la Cop21 par la plateforme, a ainsi par exemple recueilli plus de 30000 signatures de simples citoyens.

 

Un rapport spécial du GIEC

Le GIEC devrait produire dans les mois qui viennent un Rapport Spécial pour lOcéan. Il faudra quil serve de socle, de la façon la plus complète possible, à une réelle politique internationale commune de préservation. « Dans ce sens, explique Françoise Gaill, il devra sappuyer à la fois sur les travaux du World Ocean Assessment des Nations Unies qui devrait être publié en janvier, sur les synthèses réalisées par la commission intergouvernementale océanographique de lUnesco et sur les travaux scientifiques publiés depuis le dernier rapport du GIEC. Il incluera limpact des changements climatiques sur la biodiversité et sur la fonctionnalité des écosystèmes, mais également le rôle des écosystèmes marins dans la régulation du changement climatique. » Les deux volets seront donc au coeur des décisions qui devront être prises pour sauvegarder nos océans.

 

Atteindre les 9 recommandations de la plateforme Ocean et Climat

La machine est lancée, même sil reste beaucoup à faire pour atteindre les recommandations émises par la plateforme (voir lien ci-dessous) : certains des thèmes évoqués nont pas été retenus dans le texte final, et lon peut bien sûr nourrir quelques inquiétudes quant à lapplication concrète des mesures préconisées. Mais dores et déjà, 22 pays se sont engagés à préparer dès cette année un plan daction dédié à locéan, en signant la déclaration Because The Ocean. Et le texte de lAccord prévoit dadapter les mesures à la réalité des territoires, notamment en direction des petits états insulaires en développement, particulièrement concernés mais aussi limités dans leurs moyens. Une souplesse qui peut laisser espérer la mise en place dactions réalistes, au-delà des déclarations dintention.

 

> Le rôle de l’océan dans la machine climatique