25/11/2015 Actualités

Les récifs coralliens

Les récifs coralliens sont des zones d’une valeur inestimable …

Bien qu’ils ne représentent que 0,1% de la surface des océans, les récifs coralliens sont des zones d’une valeur inestimable qui comptent plus de 25% des espèces marines. A titre de comparaison, les chercheurs considèrent qu’un kilomètre carré de récif corallien représente l'équivalent de toute la biodiversité de la France métropolitaine. Interview de serge Planes*, directeur du CRIOBE (Centre de Recherches Insulaires et Observatoire de l’Environnement). 

Récifs coraliens (196x110)

Pourquoi est-il essentiel de s’intéresser aux récifs coralliens ?

« Le récif corallien à quelque chose de prioritaire car il représente une grande partie de la biodiversité marine ; son foisonnement d’espèces est tout à fait comparable à celui de la forêt amazonienne. Les dernières études montrent qu’à l’échelle de la planète, nous avons déjà perdu de façon définitive environ 20% des récifs coralliens en raison, majoritairement, de l’exploitation du littoral par l’homme. On estime également, que près de 50% de récifs sont aujourd’hui en danger. Et, dans ce contexte là, la France a une responsabilité forte, puisqu’elle est le 4ème pays en terme de surface de récifs coralliens abrités, avec 4,2% des récifs coralliens de la planète. Il est donc important qu’elle contribue à sa meilleure connaissance et des enjeux liés à sa préservation. »

En quoi consiste le projet de recherche mené avec le soutien de la Fondation Total ?

« Nous avions pour but d’avoir des approches originales. C’est d’ailleurs pour cela que nous avons appelé le projet "New Challenge a Coral Reef Experience". Nous avons donc choisi avec la Fondation Total deux thématiques impliquant de nouvelles approches. La première est liée aux sciences humaines puisqu’il s’agissait de mieux comprendre l’impact de l’homme sur les récifs coralliens dès les premières civilisations qui ont colonisé ces milieux insulaires. La seconde s’intéresse aux nuisances sonores et à leurs effets sur l’évolution et le développement de certaines espèces dans les récifs coralliens. 

Ce projet a débuté il y a un an et demi. Nous avons démarré, la première année, avec un jeune chercheur en anthropologie sur la problématique de sciences humaines. Ce travail a ensuite donné lieu à un atelier de restitution et de réflexion, fin 2014.

Nous consacrons donc maintenant la deuxième année à l’impact du bruit sur l’environnement naturel de l’écosystème corallien. Nous constatons par exemple que dans les zones très fréquentées par des bateaux la reproduction des poissons est parfois dérégulée. L’atelier de synthèse de ce travail est d’ores et déjà prévu mi-décembre 2015 à l’Aquarium de la Porte Dorée, à Paris. »

Le partage de ces travaux est un élément essentiel, comment se passent concrètement ces ateliers de restitution ?

« Il y a tout d’abord une partie réservée aux scientifiques qui dure 2 jours. Ce temps de travail est l’occasion de créer une dynamique avec des chercheurs du monde entier sur une thématique précise. Puis, nous organisons une restitution d’une demi-journée ouverte à tous qui est suivie d’une conférence grand public sur le sujet pour une diffusion de la connaissance et des savoirs. »

*Serge Plane est directeur de recherches au CNRS et d’études cumulant à l’EPHE. Il est aussi directeur du CRIOBE, un centre de recherches qui étudie principalement les récifs coralliens. Il dirige également le laboratoire d’excellence CORAIL qui s’intéresse à l’impact de la croissance démographique et du changement climatique sur l’évolution  des récifs coralliens.